quatrième dimanche du temps de l'avent
année liturgique a

Semaine du 18 décembre 2016

 

Lorsque je regarde autour de moi ces jours-ci, je ne peux m'empêcher de constater la frénésie qui gagne tout le monde : les centres commerciaux débordent de monde qui courent dans tous les sens pour trouver le cadeau idéal pour l'être cher, les commandes d'épicerie pour préparer le réveillon de Noël qui se déroulera samedi prochain, bref, tout le monde est préoccupé et se demande : « Est-ce que je vais arriver à Noël en même temps que tout le monde? »

Pour beaucoup, Noël c'est l'occasion des retrouvailles en famille et entre amis, le temps de faire de bons petits plats, d'offrir toutes sortes de cadeaux, etc... mais est-ce vraiment cela le véritable sens de Noël? On dépense des centaines de dollars - pour certains même des milliers - on porte nos plus beaux vêtements et le Fils de Dieu, Lui, vient en ce monde nu comme un ver et dans la plus grande pauvreté! Quel contraste! LUI, LE FILS UNIQUE DE DIEU! Aujourd'hui, lorsqu'on voyage à travers le monde, on est étonné de voir la grandeur et la richesse de certaines de nos églises, des trésors gothiques du Moyen-Âge, de l'or à profusion mais Lui, Jésus, vient en ce monde dans une étable! Marie ne peut même pas donner le jour à son Enfant à l'hôtel où dans un gîte... tout est complet à cause du recensement à Bethléem. C'est parmi les animaux qu'elle donnera bientôt naissance.

C'est tout de même incroyable ce paradoxe que je viens ici d'évoquer. Autant sommes-nous aujourd'hui préoccupés par le faste qui entoure la Fête de Noël, les préparatifs et les décorations, autant Dieu, Lui, vient en ce monde dépouillé de tout. Ou plutôt non! Pas tout-à-fait : il vient en ce monde avec toutes les richesses divines et spirituelles qu'il veut partager avec Sa création et, en Son Fils unique, la faire entrer dans Sa sainte Alliance.

Mais pourquoi, diantre, Jésus vient-Il en ce monde aussi dépouillé? Pourquoi n'a-t-Il pas voulu naître dans le plus grand des palais? Parce que ce n'est tout simplement pas le projet de Dieu! Les Saintes Écritures nous le disent bien : « Le ciel et la terre passeront mais ma Parole ne passera point. » Ce n'est donc pas vers les richesses de ce monde auxquelles il nous faut nous tourner, mais bien les richesses spirituelles et éternelles qui sont en Dieu. Nous ne pouvons rien offrir au Seigneur ici-bas qu'il ne nous ait déjà donné Lui-même sinon notre âme et notre cœur. C'est là son plus cher désir car, en effet, c'est la seule chose que nous pouvons accepter ou refuser de donner au Seigneur : notre âme. N'est-ce pas aussi Son premier commandement? « Tu aimerais le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toutes tes forces. »

Se donner au Seigneur ce n'est pas se limiter ni s'appauvrir. Au contraire, c'est se libérer du fardeau du péché parce que Jésus nous purifie par Son Précieux Sang et c'est vivre dans la plus grande et la plus totale liberté!

On raconte qu'à l'âge de 4 ans, une fillette était allée à la messe avec ses parents le soir de Noël. Après la célébration, elle s'est rendue voir la crèche de plus près et elle fut si triste de voir l'Enfant Jésus si pauvre et si nu! Cette fillette est devenue religieuse et elle s'appelle sainte Jeanne-de-Chantal. En ce soir de Noël, Dieu avait-il touché son cœur pour lui faire comprendre le véritable sens de Noël, à votre avis? Préparons-nous à accueillir Jésus d'une manière sincère!

 
Abbé Jean-Louis Nvougbia, prêtre-curé
Paroisse Sainte-Famille de Bordeaux-Cartierville