dimanche de l'épiphanie du seigneur
année liturgique a

Semaine du 8 janvier 2017

 

Melchior, Gaspar et Balthazar sont trois personnages très significatifs dans l'histoire de la chrétienté. D'une part parce qu'ils proviennent de contrées lointaines et, d'autre part, parce que ce sont les premiers non-juifs qui ont cru en la promesse de Dieu. On comprend aussi que ce sont des hommes qui occupent un statut social important et prépondérant au sein de leurs communautés.

On comprend que ces trois personnages sont des hommes de science, érudits et aussi qu'ils sont bien au fait des Saintes Écritures et des prophéties du Seigneur. Ayant aperçu un astre très particulier dans les cieux, tous trois choisissent d'entreprendre le long périple de plusieurs jours qui les conduira jusqu'à Bethléem. Ils savent que cette étoile brillante les conduira jusqu'au lieu où le Messie de Dieu a vu le jour.

Ce qui marque surtout notre imaginaire, ce sont les présents plutôt particuliers qu'ils ont prévu offrir à l'Enfant :

L'OR — L'or est, bien sûr, symbole de richesse puisque ce sont les rois et les princes qui portent des bijoux en or. En offrant ce présent, les rois mages reconnaissent d'emblée le caractère royal du Fils de Dieu.

L'ENCENS — L'usage de l'encens remonte aux temps immémoriaux et on le fait notamment brûler au Temple, dans le Lieu Saint en reconnaissance du caractère divin de Dieu. Il se veut aussi l'extension de la prière qui monte devant Dieu et qu'on souhaite lui être un parfum agréable. En offrant l'encens, les rois mages reconnaissent le caractère divin de l'Enfant Jésus.

LA MYRRHE — La myrrhe est une aromate que l'on utilise pour embaumer les corps lors des rites funéraires. En effet, c'est un bien étrange présent à offrir à un enfant naissant mais ce présent indique à quel point les rois mages sont bien au fait du destin unique de l'Enfant Jésus et du plan de Dieu pour l'humanité.

Ces rois mages, les premiers non-juifs qui viennent en Israël pour adorer le Fils unique de Dieu préfigurent l'universalité du salut que Dieu accorde au genre humain. Ils savent et reconnaissent à quel point l'histoire de l'humanité bascule à tout jamais dans la Nouvelle Alliance voulue par Dieu entre Lui et Sa création.

Alors que plusieurs familles, un peu partout à travers le monde serviront la célèbre « galette des rois » en ce dimanche, n'est-ce pas une bonne occasion pour reconnaître et rendre grâce au Seigneur pour l'universalité du salut qui nous est aujourd'hui accessible alors que, comme on le sait, les promesses de Dieu sont, au départ, destinées au peuple d'Israël, ce peuple que Dieu s'est Lui-même choisi!

Nous avons, dans l'Ancien Testament, un très bel exemple de cette affiliation d'une non-juive au tout début du livre de Ruth. Ruth qui était venue d'une contrée païenne s'attacha à sa belle-mère suite au décès de son mari et ne voulut pas la quitter. Aussi, lui dit-elle : « Ruth répondit: Ne me presse pas de te laisser, de retourner loin de toi! Où tu iras j'irai, où tu demeureras je demeurerai; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu; où tu mourras je mourrai, et j'y serai enterrée. Que l'Éternel me traite dans toute sa rigueur, si autre chose que la mort vient à me séparer de toi!  » (Ruth 1, 16-17).

À notre tour aujourd'hui, à l'instar de Ruth et des rois mages de venir dans cette grande Jérusalem spirituelle pour adorer le seul Dieu vivant; pour reconnaître en Son Fils unique, notre véritable Sauveur et Seigneur!

 
Abbé Jean-Louis Nvougbia, prêtre-curé
Paroisse Sainte-Famille de Bordeaux-Cartierville