DIMANCHE DES RAMEAUX ET
DE LA PASSION DU SEIGNEUR JÉSUS CHRIST

année liturgique a

Semaine du 9 avril 2017

 
Quel paradoxe nous vivons aujourd'hui! Jésus entre à dos d'âne dans Jérusalem, suivi des Apôtres et des disciples et là, il est accueilli en véritable héros! Sur son passage, on jette devant lui des rameaux et des manteaux. Bien sûr, les habitants de Jérusalem sont bien au fait des miracles et des prodiges que Jésus a accompli un peu partout en Judée et en Galilée et on s'empresse de venir lui rendre hommage.

Mais Jérusalem a bien deux visages lorsqu'il est question de Jésus. Il y a ceux comme, ces centaines de personnes qui reconnaissent en lui le véritable envoyé de Dieu mais les chefs religieux, les scribes, les pharisiens et les sadducéens ne ne voient pas du même œil. Ceux-ci, plutôt que de venir l'acclamer, cherchent plutôt à trouver un motif pour pouvoir le faire condamner à mort. Tout au long de son ministère, Jésus a mis en déroute leurs propos et même est allé jusqu'à les dénoncer : « Ne soyez pas comme les pharisiens qui prient sur les places publiques... », entre autres choses. Il va même jusqu'à les traiter de « sépulcres blanchis ».

Ils ne trouveront, bien sûr, aucun motif valable mais ils le feront faussement accuser et mettre à mort. Humilié aux mains des soldats et injurié par la foule, Jésus est d'abord flagellé avant de débuter sa route sur le chemin qui le conduira jusqu'au Golgotha. On pose sur ses épaules, déjà affaiblies, la lourde croix sur laquelle il sera crucifié. Sur son passage, cette même foule qui l'a acclamé lors de son entrée à Jérusalem s'est maintenant assemblée pour l'injurier. En dépit des forces physiques qui s'amenuisent, Jésus puise des forces surhumaines auprès de l'Esprit Saint pour lui permettre de compléter son chemin.

Arrivé à son terme, il est à nouveau humilié lorsque les soldats le dépouillent de ses vêtements avant de le clouer au bois de la croix. Jésus vit des moments d'une incroyable souffrance physique et même spirituelle puisque, en acceptant de subir Lui-même le sort que mérite nos péchés, il se sentira séparé du Père : « Eloï, Eloî! Lama sabachtani! » (Père, pourquoi m'as-tu abandonné?) Mais Dieu le Père n'a jamais abandonné Son Fils unique. C'est dans son humanité, tout comme nous, que Jésus a « l'impression » qu'il est abandonné de Dieu.

Lorsqu'Il expire, un grand signe se produit dans le Temple de Jérusalem : le rideau qui sépare le Lieu Saint du Lieu Très Saint se déchire du haut vers le bas. C'est un puissant symbole qui nous est ici donné : Dieu, en la mort de Son Fils unique pour nos péchés, convient d'une Nouvelle Alliance : désormais, le Père est accessible par l'entremise du Fils, comme Jésus l'avait Lui-même dit : « Nul ne vient au Père que par moi. » Désormais, nous avons accès au salut offert par Jésus qui nous rétablit dans l'Alliance du Père! Ce Lieu Saint nous est désormais offert et accessible lorsque nous nous engageons dans un parcours de foi sincère et entier. Quelle joie!

 
Abbé Jean-Louis Nvougbia, prêtre-curé
Paroisse Sainte-Famille de Bordeaux-Cartierville