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année liturgique a

Semaine du 16 juillet 2017

Nous sommes les intendants de la création!

 
Probablement comme la plupart des gens, j'ai été tout à la fois étonné et choqué d'apprendre le retrait des États-Unis d'Amérique de l'accord de Paris sur le climat. Alors que tous les pays réalisent qu'il est urgent de faire marche arrière sur l'exploitation des énergies fossiles pour adopter des approches et des pratiques beaucoup plus en harmonie avec la nature, les américains, par la voix de leur président, ont choisi d'ignorer cette voix et continueront d'exploiter des industries hautement polluantes.

Je suis de ceux qui croient que Dieu nous a créé d'une part afin que nous puissions évoluer au sein de Sa création (quel privilège!!!) mais aussi afin de répondre à Sa demande. En effet, dès le chapitre 2 du livre de la Genèse, nous apprenons que Dieu créé l'homme à son image mais, surtout, qu'il le place au milieu du jardin d'Éden : « Le Seigneur Dieu prit l'homme et le conduisit dans le jardin d'Éden pour qu'il le garde et le travaille. » (Genèse 2, 15) Ainsi, Dieu confie à l'être humain l'intendance de Sa création. À ce titre, il faut bien reconnaître qu'au fil des siècles, nous avons trop souvent bafoué cette responsabilité par la création d'industries polluantes, la déforestation massive, l'asséchage des zones marécageuses et des littoraux; bref, aujourd'hui, nous devons faire face aux conséquences de ce développement trop souvent débridé et peu soucieux des conséquences.

L'accord de Paris est certes un pas important vers l'abandon de l'exploitation des énergies fossiles (pétrole et gaz de schiste) pour nous tourner vers des énergies renouvelables comme l'électricité, le biodiésel et d'autres sources. De plus en plus d'automobilistes choisissent d'acheter des voitures hybrides ou totalement électriques, plus de pays choisissent également de promouvoir l'hydro électricité par l'entremise de barrages plutôt que de faire appel à des centrales électriques au charbon ou nucléaires; bref, tous les pays participants se sont engagés à « renverser la vapeur » afin d'adopter des comportements plus « verts » et éco-responsables. Ne nous y trompons pas : toutes et tous, nous devrons rendre compte au Seigneur de notre intendance, tant personnelle que collective, au Seigneur. Il s'agit de Sa création et non de la nôtre et bien que nous ne sommes que de passage, nous nous devons de laisser une empreinte écologique qui soit favorable et qui incite ceux et celles qui viendront après nous à faire de même.

Qu'on ne s'y trompe pas : il n'existe pas de planète de rechange comme voudraient nous le faire croire certains hommes de sciences. Dieu a dit : « Le ciel et la terre viendront à passer, mais ma parole ne passera point. » (Matthieu 24, 35, Luc 21, 33 et Marc 13, 31). Dieu est éternel, tout comme Sa Parole et c'est pourquoi nous nous devons de traiter Sa création avec la plus grande déférence et le plus grand souci.

 
Abbé Jean-Louis Nvougbia, prêtre-curé
Paroisse Sainte-Famille de Bordeaux-Cartierville