L'église Notre-Dame-des-Anges est situé à l'intersection du boulevard Gouin Ouest et de la rue de Serres. Son presbytère, situé au 12325, rue de Serres est le siège social de la paroisse Sainte-Famille-Bordeaux-Cartierville qui réunit les églises :

• Notre-Dame-des-Anges;
• Sainte-Odile;
• Saint-Joseph-de-Bordeaux;

C'est Son Excellence, Mgr Paul Bruchési, Archevêque de Montréal qui fonde la paroisse Notre-Dame-des-Anges le 19 mai 1910 et nous vous proposons, ci-après, l'histoire de la paroisse que nous avons souligné à l'occasion du 100e anniversaire de fondation en 2010. Tout d'abord, nous vous proposons quelques photos intérieures de l'église Notre-Dame-des-Anges dont vous apercevez la façade extérieur, au centre et, à gauche, le presbytère.

Tout d'abord, comme le démontre la photographie extérieure, les architectes ont conçu un bâtiment de forme ronde qui se reflète à l'intérieur. L'église étant dotée de grandes baies vitrées sur tout son pourtour, l'intérieur est vaste, dégagé et dépourvu de toute forme de soutènement et ce, grâce aux poutres à longue portée qui ont été utilisées lors de sa construction en 1965-1966. C'est le troisième bâtiment, les deux précédents ayant été jugés insuffisants pour les besoins d'une communauté paroissiale grandissante.

La photo ci-contre présente la perspective de l'allée centrale vue depuis l'entrée principale, à l'arrière. La perspective est fermée par l'entrée du chœur et le maître-autel. Un muret, sur lequel vient s'appuyer la table du Saint-Sacrement a été érigé, d'une part pour permettre aux paroissiens de ne pas être aveuglés par le soleil lors des célébrations mais aussi pour séparer le chœur de l'entrée arrière qui donne sur le stationnement.

Le plafond a été entièrement réalisé en béton coulé et présente un motif de coffrages.

Nous vous proposons, ci-après, quelques photos de l'intérieur de l'église Notre-Dame-des-Anges :

Statue de Notre-Dame-des-Anges
près de l'entrée principale
Statue du Sacré-Cœur Enclave des fonts baptismaux Ambon Sainte Table
et tabernacle
         
 
Crucifix principal du chœur Alcôve dédiée à
Notre-Dame-des-Anges

Histoire de l'église Notre-Dame-des-Anges • 1910-2010

Mot de Son Éminence, Jean-Claude Cardinal Turcotte

 

 
Montréal, le 3 septembre 2010

Chers paroissiens et paroissiennes,

Vous célébrez un anniversaire heureux : le centième anniversaire de votre paroisse. Depuis un siècle, votre communauté chrétienne rassemble les paroissiens et les paroissiennes de Notre-Dame-des-Anges pour célébrer ensemble les événements de leur foi et de leur vie. Cet anniversaire rappelle les grands et les petits moments qui ont contribué à faire l'histoire de votre paroisse. Je suis heureux de m'associer à votre joie en cet anniversaire.

Comme toutes les communautés catholiques du diocèse, vous avez maintenant à composer avec un environnement social, culturel et religieux qui questionne vos convictions et vos valeurs et qui appelle des aménagements pastoraux nouveaux. Déjà votre communauté s'est enrichie des autres communautés de votre secteur pour donner naissance à la nouvelle paroisse de Sainte-Famille-de-Bordeaux-Cartierville.

Il vous est demandé un profond esprit chrétien et un engagement de foi pour relever les défis qui vous sont posés. L'implication de tous est nécessaire. L'avenir de votre communauté dépend de la pierre que chacun et chacune apporte à sa construction. Votre communauté sera ce que vous la ferez ensemble.

Je souhaite qu'elle grandisse et fasse partager aux autres la richesse de son héritage religieux. Que la célébration de cet anniversaire soit pour vous tous un moment de grâce, de fraternité et d'engagement.

Je demande à Notre-Dame de veiller sur vous, et au Seigneur de vous bénir et de faire de vous les témoins de son Évangile.

Bon anniversaire et longue vie à votre communauté!

     
   
     

     
MOT DE Mgr. pierre blanchard, c.s.s., vicaire épiscopal — région nord
     

 

     
Septembre 2010

Chers frères et sœurs dans le Christ,

Vous célébrez cette année le 100e anniversaire de l'érection de la paroisse Notre-Dame-des-Anges.

Célébrer 100 ans de vie, c'est se rappeler des événements et des personnes qui ont marqué, de manière significative, la mémoire de notre cœur.

Célébrer 100 ans de vie, c'est souligner que notre milieu ne serait pas tout à fait le même si la paroisse n'avait pas été là pour rythmer un certain nombre de ses activités : naissances, mariages, deuils, fêtes religieuses ou civiles, etc...

Mais célébrer 100 ans de vie, ce n'est pas seulement se tourner, parfois avec nostalgie, vers un passé qui ne reviendra plus; c'est envisager l'avenir avec lucidité et s'engager résolument sur la route qui permet d'atteindre de nouveaux objectifs.

La paroisse Notre-Dame-des-Anges fait maintenant partie de la grande famille de Bordeaux-Cartierville, de la Sainte-Famille de Bordeaux-Cartierville; ce qui, pendant 100 ans, a fait la richesse de ce milieu de vie peut maintenant rejaillir plus facilement sur un plus grand nombre tout comme l'apport des autres continuera de vous enrichir.

Je profite donc de cet heureux événement pour vous offrir mes plus sincères félicitations. Avec vous, je rends grâce au Seigneur pour tout ce qui s'est vécu de beau et de grand dans votre communauté chrétienne.

Qu'Il vous comble de Ses bénédictions et de Ses lumières afin que vous découvriez tout plus ce qu'Il attend e vous et que vous le mettiez en pratique.

Fraternellement,

     
   

Message de notre pasteur
Cent ans, ça se fête!

Chères paroissiennes, chers paroissiens,

En cette cinquième année de mon mandat de pasteur de votre paroisse, c'est avec bonheur que je m'adresse à vous à l'occasion du 100e anniversaire de la fondation de Notre-Dame-des-Anges. Cette paroisse a été voulue par Mgr Paul Bruchési, archevêque de Montréal à l'époque, dans le but de rassembler le peuple de Dieu qui se trouvait dans Cartierville. Je salue avec respect mes prédécesseurs particulièrement l'Abbé J. Évariste-Chevalier, curé fondateur, et tous les piliers de la communauté chrétienne de Notre-Dame-des-Anges qui, non sans un effort important, ont bâti et fait vivre cette communauté au fil des ans. Je salue également tous les paroissiennes et paroissiens, religieux et religieuses, prêtres et bénévoles engagés, qui y ont consacré leur vie et y ont cherché Dieu et l'humain, dans une écoute constante de la Parole, dans une célébration joyeuse du Mystère divin, dans une transformation courageuse du monde et dans une fraternité soignée. Je salue et je remercie le personnel mandaté, les secrétaires, sacristains et concierges, pour leur collaboration bien appréciée.

Cent ans se sont écoulés depuis la fondation de Notre-Dame-des-Anges. Au cours de ce siècle, la vie de la communauté a connu des transformations. Ainsi, grâce au dernier synode diocésain et aux réaménagements pastoraux effectués, la naissance de la paroisse Sainte-Famille-de-Bordeaux-Cartierville a ouvert la porte à des espérances nouvelles.

Nous rendons grâce au Seigneur pour cette nouvelle paroisse qui rassemble, comme dans une famille, les fils et filles venus de Saint-Gaëtan, de Saint-Joseph-de-Bordeaux, de Sainte-Odile et de Notre-Dame-du-Bel-Amour. Même si son accouchement a connu des moments de difficulté, le passage vers la nouvelle paroisse a été vu comme un signe bienfaisant de l'Esprit.

Chers paroissiennes et paroissiens, l'anniversaire du centenaire de Notre-Dame-des-Anges est un tournant pour tous les gens de Bordeaux-Cartierville. Il est non seulement un point d'arrivée, mais aussi un point de départ. Fiers de l'expérience du passé, nous allons maintenant poursuivre notre marche avec un engagement renouvelé et confiant dans l'avenir de notre nouvelle paroisse, afin d'affronter, de manière lucide et adaptée, les défis inédits que la société moderne nous lance. Que notre communauté continue donc à croître et à se transformer, en s'appuyant sur l'apport des uns et des autres, sur la présence constante de l'Esprit et sur le soutien indéfectible du Christ.

Chers amis, membres de cette nouvelle communauté chrétienne que j'aime tant, alors que je vous remercie de votre attachement très apprécié, je vous encourage à continuer de développer votre sens d'appartenance à notre nouvelle paroisse. Je vous donne l'assurance du soutien de ma prière. Je demande à Notre-Dame du ciel de veiller sur vous et sur vos familles.

 

 


 
 
C'est avec un profond respect que je vous adresse mes vœux, vous qui êtes ici rassemblés pour célébrer le 100e anniversaire de la paroisse Notre-Dame-des-Anges.

Cette fête rend hommage à votre dévouement au temps et aux efforts que vous déployez pour la vitalité de votre communauté religieuse. Grâce à vous, aujourd'hui, les fidèles, seuls ou en famille, peuvent se recueillir dans ce lieu de culte, cette superbe église qui nous est chère. Nous sommes nombreux à y avoir vécu la joie d'un baptême ou d'un mariage. Nous avons pu nous y recueillir et partager notre tristesse au moment de rendre un dernier Adieu à un proche. Il en faut du bénévolat, de l'amour du prochain, pour rendre tout cela possible. En tant que député de Saint-Laurent-Cartierville, je vous salue et vous manifeste toute mon admiration.

Permettez-moi aussi de souligner plus particulièrement l'œuvre de celui qui guide cette communauté, le Père-Curé Jean-Chrysostome Zoloshi à qui j'offre mes sincères remerciements. En ce centenaire, je vous offre ainsi qu'à vos paroissiens mes sincères félicitations et souhaits de longue vie à l'église Notre-Dame-des-Anges. Bonne fête!

 


PRÊTRES CURÉS DE 1910 À NOS JOURS

Évariste Chevalier (1910-1927) • J.B. Damien Toupin (1927-1941) • Prisque Magnan (1941-1954)
Georges-Henri Robillard (1954-1956) • Gabriel Brennan (1956-1969) • Jacques Laramée (1969-1982)
Yvon Lussier (1985-1994) • Ovila Bélanger (1994-1999) • Marcel Bircher (1999-2004)
Rémy Levac (2004-2006) • Jean-Chrysostome Zoloshi (2006-2011) • Jean-Louis Nvougbia (2011 à nos jours)


Histoire de la paroisse Notre-Dame-des-Anges
par Robert Laurin

La préparation de ce récit historique est le fruit d'une recherche exhaustive et d'un travail considérable échelonné sur plusieurs mois auprès de divers organismes du milieu. Nous tenons à remercier Robert Laurin, médecin retraité et ancien paroissien de Notre-Dame-des-Anges pour son travail remarquable.

Le curé et le Conseil paroissial de pastorale

Après l'érection canonique de la paroisse de Saint-Laurent en 1720, les colons occupant le territoire de Cartierville se sont rendus à Saint-Laurent pour recevoir les sacrements à l'église paroissiale de la rue principale.

En 1904, à la demande d'un certain nombre de paroissiens résidant dans le rang situé le long de la rivière des Prairies, le curé de Saint-Laurent, le révérend Père Dion, c.s.c., accorde le service divin durant toute l'année, d'abord dans une maison privée, puis dans une maison d'école. De 1899 à 1904, le service dominical n'est assuré que durant la saison estivale.

Le premier prêtre est le révérend Père Rhéault, c.s.c. Sans avoir de résidence, ce religieux dessert Cartierville durant quatre années.

La première chapelle est érigée en 1905 sur le terrain de l'actuelle église. Elle est bénite et inaugurée le 29 octobre 1905 par Mgr Zotique Racicot. Assistent à cette bénédiction 12 prêtres, le député fédéral, le député provincial, des dignitaires de Saint-Laurent et de Cartierville, et environ 250 paroissiens.

Mgr Paul Bruchési, archevêque de Montréal, dédie la chapelle à Notre-Dame-des-Anges et décide que la fête patronale sera célébrée le troisième dimanche d'octobre.

La paroisse Notre-Dame-des-Anges est érigée le 19 mai 1910. Le 22 mai, du haut de la chaire, le Père Rhéault, c.s.c., fait lecture du document décrétant l'érection canonique de la paroisse.

 


Première chapelle construite en 1905

     


Vue de l'intérieur de la première chapelle


 
La première messe, le 29 mai 1910, est célébrée par l'Abbé J. Évariste Chevalier, curé fondateur.

La première grand-messe est célébrée le 5 juin 1910, solennité de la Fête du Sacré-Cœur de Jésus.

À sa fondation, la paroisse compte 142 famille, 670 âmes et 451 communiants. L'année 1910 est riche en événements.

Le curé J. Évariste Chevalier préside la première réunion de la Fabrique, le 26 juin 1910, alors que l'on procède à l'élection du corps de marguilliers. Sont élus : Messieurs Stanislas Lapierre, cultivateur; Frédéric Jauron, menuisier; Louis-Octave Grothé, cigarier; Émile Galibert, marchand; Savini Prénoveau, cultivateur; Ovila Crevier, commerçant, maire de Cartierville; Félix Plouffe, commerçant de bois; Alfred Racine, père, cultivateur.

     
Quelques jours plus tard, par tirage au sort, Monsieur Louis-Octave Grothé est nommé marguillier en charge; Monsieur Félix Plouffe est le deuxième; Monsieur Alfred Racine, le troisième.

Au cours d'une réunion, on demande à la paroisse de Saint-Laurent de remettre la dette de la chapelle à la nouvelle Fabrique. On en profite aussi pour embaucher un bedeau et l'on autorise le curé à acheter du charbon pour chauffer la chapelle.

Au cours de la même année, il est proposé à l'unanimité de construire un presbytère sur un terrain adjacent à la chapelle.

 


Premier presbytère construit en 1910

En octobre, une réunion des paroissiens est convoquée pour le choix d'un terrain en vue de la construction d'une église. Il y a cinq propositions. La première proposition est acceptée par un vote de 40 pour et 10 contre. La proposition est la suivante : Messieurs Gaspard De Serres, E. Gohier et la Compagnie des boulevards de l'Île de Montréal offrent un terrain situé derrière la chapelle pour 2 050 $ ou 1 700 $ avec l'obligation de payer la quote-part des coûts de construction des égouts et de l'aqueduc sur les terrains 6, 7, 8, 9 et 10 du lot 39 appartenant à Monsieur Gaspard De Serres. De plus, Monsieur Stanislas Lapierre s'engage à échanger le terrain de l'école pour un terrain de la même dimension que celui de la Fabrique.

En 1911, la Fabrique est autorisée à emprunter jusqu'à 8 000 $ pour la construction du presbytère qui a coûté 8 150 $.

Au cours de la construction du presbytère, il y a un litige non-déterminé entre la Fabrique et l'architecte contre l'entrepreneur Bertrand et Plouffe. La poursuite s'est réglée hors Cour. La Fabrique a payé le solde du montant du contrat, soit trois billets à ordre d'une valeur totale de 2 000 $ et un chèque certifié de 350 $.


Sous-sol de l'église construit en 1915


 
En 1915, les paroissiens acceptent de construire une église sur le terrain acheté en 1910. On construira un sous-bassement pour le moment. On vote un règlement d'emprunt de 35 000 $ à 40 000 $ pour une période de 20 ans au taux de 6 %.

Six entrepreneurs soumissionnent la construction du bâtiment. Les prix varient de 49 000 $ à 59 799 $. Après moult tractations et discussions, un vote contre l'octroi du contrat est exercé par le curé Chevalier.

Le contrat est enfin accordé à Plouffe, Lagacé et Cie pour la somme de 52 000 $.

     
Ce sont les mêmes problèmes pour l'octroi des contrats pour l'ameublement de l'église. La fabrication des bancs est accordée à L. J. Fauteux pour 3 340 $.

La construction déboute en novembre 1915 pour se terminer en décembre 1916, soit un retard de 5 mois par rapport l'échéancier.

La bénédiction de l'église a lieu le 24 décembre 1916 par Mgr Roy, chanoine de la Cathédrale de Montréal.

La première messe est chantée par l'Abbé Joseph Chevalier, frère du curé Évariste Chevalier, et le sermon est prononcé par le Père Hébert, c.s.c., supérieur du Collège de Saint-Laurent.

Une fois l'église terminée, on procède à la vente des bancs pour une période 6 ou 12 mois. La concession se fait les 1er mai et 1er novembre de chaque année. Le prix de location d'un banc à 4 places du devant de l'église au transept est de 15 $. Il est de 12 $ derrière le transept. Le prix varie de 8 $ à 14 $ pour les bancs dans les allées latérales.

Le concessionnaire aura droit au banc les dimanches et aux fêtes d'obligation, à la messe basse, à la grand-messe et aux vêpres, le mercredi des Cendres, les 3 jours de la Semaine Sainte, le jour des Morts, à la messe de minuit et lors des 4 heures, aux exercices du soir durant le Carême et au mois de Marie, pendant le Triduum et les retraites.

En 1920, la paroisse fait l'acquisition d'une cloche qui est fabriquée à fonderie des cloches Paccard à Annecy en Haute-Savoie. Pesant 1 100 livres, elle est nommée Marie, Joseph, Benoît, Paul, Évariste, le 27 mai 1923.

L'orgue, de fabrique indéterminée, est payé 6 000 $.

En 1928, le tarif des places de banc est fixé à 10 ¢ pour la messe de 8 h 30 et pour la grand messe, et à 5 ¢ pour la messe de 7 h 00.

En 1929, lors de la crise économique, la Fabrique doit emprunter 2 500 $ à la banque au taux de 6 % pour la bonne administration de la Fabrique.

Durant a décennie des années 30, la Fabrique a de la difficulté avec la perception de la cotisation de la répartition légale. Plusieurs paroissiens propriétaires sont délinquants. On menace de vente aux enchères, à l'Hôtel de Ville de Montréal, des lots grevés d'arrérages de cotisation d'église.

Saga de la construction d'une nouvelle église

Déjà, en 1952, on prévoit la construction d'un nouveau temple. La Fabrique a des placements obligataires en prévision.

En 1960, les propriétaires de la partie Sud de la paroisse s'opposent à la construction de l'église sur son site actuel. Une desserte à l'école Robert-Giffard leur est offerte. Ils acceptent à la condition que le revenu des quêtes serve pour la desserte.

L'année suivante on procède à l'élection de cinq syndics pour voir à la construction du complexe église et presbytère. Cent quarante et une personne sont présentes à la réunion des paroissiens. La majorité des syndics élus habitent le sud de la paroisse.

 


Église Notre-Dame-des-Anges actuelle

Les syndics songent à un règlement d'emprunt de 300 000 $. La Fabrique assume les surplus jusqu'à 100 000 $.

Les plans commandés à l'architecte Roger D'Astous sont refusés. On lui versera des honoraires de 11 125,40 $.

En 1964, les propriétaires de la partie Sud de la paroisse signent une pétition pour se séparer et créer une nouvelle paroisse. Leur demande est refusée.

En 1965, l'Archevêché accepte la construction d'une église sans répartition légale et décharge les syndics de leur responsabilité. Un comité paroissial s'occupera de la construction d'une église de 800 places pour un montant ne dépassant pas 400 000 $. Un emprunt de 300 000 $ à un taux ne dépassant pas 6,5 % annuellement est autorisé par 185 paroissiens. Onze personnes s'opposent.


Intérieur actuel de l'église Notre-Dame-des-Anges


 
La firme Gascon et Auger, architectes, est retenue pour l'exécution des plans.

Le 12 août 1965, les soumissions de 5 constructeurs sont refusées parce qu'elles dépassent le montant maximum de 400 000 $. Les architectes doivent réviser les plans. La firme J.E. Vincent ltée accepte de construire le complexe pour 425 146 $.

À cette date, les avoirs de la Fabrique sont de 164 000 $ dont 4 000 $ proviennent de la réserve de la desserte Robert-Giffard.

La construction de l'église et du presbytère est terminée le 22 octobre 1966. Le coût total incluant le mobilier, les 4 cloches « SOL, LA SI, RÉ », la réparation de l'orgue, la démolition du presbytère et du sous-bassement est de 525 000 $.

Le 1er janvier 1966, la nouvelle Loi des Fabriques prend effet et annule l'ancienne Loi de 1839.

Au lieu du corps de marguilliers composé de trois marguilliers en fonction et de tous les anciens marguilliers, le nouveau corps de marguilliers est composé de six marguilliers élus pour un terme de trois ans, renouvelable une seule fois. Deux marguilliers venant en élection tous les ans.

En 1974, la communauté des Sœurs de la Providence consent un prêt de 287 000 $ à un taux d'intérêt de 6 % pour une période de 15 ans avec un versement annuel de 30 000 $. Le dernier paiement de cette dette est versé le 4 avril 1985, soit une somme de 58 575,44 $. À la suite de ce paiement, Mgr Paul Grégoire, archevêque de Montréal, procède à la bénédiction solennelle de l'église paroissiale de Notre-Dame-des-Anges de Cartierville.

Création de la nouvelle paroisse
Sainte-Famille-Bordeaux-Cartierville

Le 4 juin 2008, lors d'une assemblée réunissant les conseils de Fabrique ainsi que les paroissiens des quatre paroisses composant l'Unité pastorale de Bordeaux-Cartierville, soit Notre-Dame-du-Bel-Amour, Notre-Dame-des-Anges, Sainte-Odile et Saint-Joseph-de-Bordeaux, on procède au tirage au sort du nom de la paroisse qui accueillera les trois autres pour la fusion. Le sort a voulu que la paroisse Notre-Dame-des-Anges soit retenue. Elle sera la paroisse d'accueil en attendant la création légale d'une nouvelle paroisse couvrant le territoire de Bordeaux-Cartierville dont le nom sera choisi plus tard. Entre-temps, les trois autres paroisses verront à se dissoudre pour se joindre à la nouvelle paroisse. La réunion s'est déroulée dans une atmosphère de coopération et de volonté unanime d'intégration.

Le 14 septembre 2008, on procède au scrutin pour le choix du nom de la nouvelle paroisse. Huit cent soixante-dix-neuf personnes expriment leur choix à partir d'une lise de cinq noms suggérés. Le résultat du scrutin est le suivant :

Paroisse Émilie-Gamelin : 192 votes
Nicolas-Viel : 87 votes
Sainte-Famille : 292 votes
Marie-Reine-de-l'Unité :  156 votes
Notre-Dame-de-l'Alliance : 152 votes

 
  Église Notre-Dame-des-Anges Église Sainte-Odile
     
 
  Église Saint-Joseph-de-Bordeaux Église Notre-Dame-du-Bel-Amour
     
 
  Église Saint-Gaëtan (vendue par le Diocèse à la communauté protestante Arménienne)
Le nom retenu sera Sainte-Famille de Bordeaux-Cartierville.

La fusion des quatre paroisses se fera le 31 mai 2009, alors qu'il n'y aura qu'une seule Fabrique avec un conseil composé de six marguilliers, d'un président d'assemblée et d'un observateur permanent. Ce dernier aura droit de parole, mais n'aura pas droit de vote afin de respecter la loi des Fabriques qui limite le nombre de marguilliers à six. Ce poste aura une durée minimale d'un an.

La paroisse Notre-Dame-des-Anges aura existé 99 ans et 12 jours. La nouvelle paroisse compte quatre lieux de culte, à savoir : Notre-Dame-des-Anges, Notre-Dame-du-Bel-Amour, Saint-Joseph-de-Bordeaux et Sainte-Odile.

Faits divers au cours des années

En 1927, on confie à Mérilde Guertin la responsabilité de réparer le presbytère « comme si c'était son bien personnel » au salaire de 0,70 ¢ l'heure. La même année, on accorde un salaire de 100 $ par mois au bedeau et de 75 $ par année aux religieuses sacristines. Le premier chantre aura 400 $ par an alors que le second chantre aura 200 $. Les collecteurs de banc gagneront 50 $ chacun par an.

En 1932, on achète 50 tonnes de charbon Welsh Buckweat au prix de 8,10 $ la tonne. La consommation moyenne varie de 55 à 60 tonnes par an. Ce n'est qu'en 1941 que le mobilier du presbytère devient la charge de la Fabrique.

En décembre 1942, il y a une inondation. C'est un débordement de la rivière des Prairies dû à un embâcle au pont de chemin de fer du Canadien Pacifique à Bordeaux. Dans le sous-bassement, le niveau d'eau atteint la balustrade. La messe de minuit a lieu dans la salle de l'école Dujarié, rue Sainte-Croix (l'actuelle rue de la Miséricorde). En 1957, règlement des dommages par Hydro-Québec pour un montant de 2 500 $.

En 1959, il y a expropriation d'une bande de terrain le long du boulevard Gouin pour l'élargissement du boulevard. Le prix offert par la Ville de Montréal est de 693,20 $ pour le lot 39, parties 1, 2 et 3. Lors de cette expropriation, on découvre que ces parties du lot 39 sont toujours enregistrées au nom de la paroisse de Saint-Laurent. Un jugement de la Cour supérieure du Québec corrigera la situation.

En 1960, les marguilliers défendent aux membres de toute organisation paroissiale, scouts, etc... d'utiliser le bateau construit par le vicaire.

En 1974, il y a élection de la première marguillière. Il s'agit de Madame Rita Paiement.

En 1976, le premier marché aux puces est organisé. Les profits s'élèvent à 16 227,94 $. La chorale paroissiale cesse ses activités.


L'Histoire de Cartierville
Une communauté qui grandit... au cœur d'une ville
par J. P. Bastien

Cartierville naquit de la rivière Des Prairies au tout début du XIXe siècle alors qu'elle n'était que la Côte Saint-Louis de la paroisse Saint-Laurent. C'est en 1801 en effet que François Plouffe établit un service de traversier en société avec un dénommé Deslauriers. Comme Plouffe demeurait sur l'Île Jésus, il provoqua la croissance d'un petit village autour de son débarcadère : L'Abord-à-Plouffe était né.

Cartierville devenait donc la plaque tournante entre Montréal, Saint-Laurent et Sault-au-Récollet d'une part, et l'Île Jésus et le Nord du curé Labelle, d'autre part. Deux cartographes de l'époque, André Jobin en 1834 et H. W. Hopkins en 1879 indiquent, sans doute par erreur, notre coin comme étant L'Abord-à-Plouffe.


Les « cageux » descendant les rapides.
Origine de Cartierville et de la chanson
« Laissez passer les raftmen »
— Gracieuseté du Musée McCord de Montréal —

  Les « Cages »

Les quelques habitants riverains de la rivière Des Prairies assistèrent en 1807 à un événement inusité : la première descente d'une « cage » de bois, radeau de 300 pieds de long par 60 pieds de large, constitué d'énormes billots attachés les uns aux autres à l'aide de « harts » de merisier; les équipages y vivaient les semaines que durait le trajet du haut de l'Outaouais ou de la Gatineau jusqu'à Québec, où les « cages » étaient démantelées et le bois chargé sur des navires pour l'Angleterre où on en faisait des mâts de bateau. En 1811 seulement, on exporta ainsi plus de 19 000 mâts du port de Québec.

Le plus gros obstacle sur la route des « cageux » était le Gros Saut, un rapide tumultueux entre Bordeaux et Sault-au-Récollet qui avait déjà coûté la vie au père Viel et à son guide indien, Ahuntsic. On faisant donc halte à L'Abord-à-Plouffe où une poignée de colosses venaient prêter main forte aux cageux; on y divisait alors le « train de bois » en plusieurs petits radeaux pour sauter plus facilement le Gros Saut. On suppose que les armateurs et le personnel des cages profitaient de leur escale pour se ravitailler, ce qui accéléra la croissance de Côte Saint-Louis.

En 1825, Jacques Viger, qui devait devenir plus tard le premier maire de Montréal, fut chargé de recenser toute l'Île de Montréal de porte en porte. Il est malheureux que ce recensement n'ait pas inclus la localisation exacte de chaque habitation, ce qui nous permettrait aujourd'hui de mieux situer les familles originales : on sait par exemple qu'il y avait à Côte Saint-Louis des familles dont les noms sont toujours familiers ici : 345 personnes réparties dans 52 familles dont des Bertrand, St-Aubin, Jasmin, Cousineau, Laurin (qu'on écrivait Laurain), Lagacé (Lagassé), etc...

Seulement trois personnes sont identifiées par leur occupation, ce qui nous permet de croire que Plouffe habitait de fait dans l'Île Jésus : Léon Forget, Antoine Leduc et Laurent Lagassé sont décrits comme employés « du bac traversier ». La maisonnée la plus nombreuse recensée à Côte du Bois Franc en 1825 était celle de François Laurain : quinze personnes dont six garçons, quatre filles et quelques grands parents.

Le pont lachapelle

Le 23 septembre 1826, Paschal Persillier dit Lachapelle devint meunier du Gros Saut (Bordeaux). C'est probablement en transportant son grain qu'il jugea qu'un pont au-dessus de la rivière Des Prairies devenait nécessaire. En 1834, il obtint l'autorisation nécessaire (Loi IV Guillaume IV, chXXX) de construire le premier d'une série de trois ponts qu'il érigea.

Le premier pont Lachapelle fut béni par Monsieur J. V. Quiblier, supérieur des Sulpiciens le 21 juillet 1836; le pont fut inauguré par le gouverneur général du Canada, Lord Gosford, en présence de Louis-Joseph Papineau, alors orateur de la Chambre d'Assemblée, de Denis-Benjamin Viger et autres. Le financement du pont (8 000 £) fut à la charge de Lachapelle qui eût la permission d'y ériger un poste de péage.

Le 14 décembre 1837 et les jours qui précèdent, ce beau pont neuf servit à faciliter le transport de Colborne et ses troupes vers Saint-Eustache.

 


Le premier pont Lachapelle
reliant Cartierville à Chomedey

Le pont original, construit de cèdre, fut détruit par le feu en 1920 et remplacé par un autre en acier.

Lachapelle devait construire aussi le pont « des saints anges » entre Sault-au-Récollet et Saint-Vincent-de-Paul, et le premier Pont-Viau.


Les calèches et les omnibus assurent
le transport collectif à Montréal

  La carte géographique de Montréal dressée en 1834 par André Jobin ne montre que le « chemin du Sault » (aujourd'hui boulevard Gouin), la côte Saint-Louis (ou Bois Franc) et un chemin (aujourd'hui Lachapelle) venant de Saint-Laurent et menant jusqu'à la traverse après avoir longé la rivière Notre-Dame-des-Neiges qui elle, semble traverser ce qui est aujourd'hui l'aéroport de Cartierville pour se déverser dans la rivière Des Prairies en face de l'île aux chats qui existe toujours. Cette carte géographique ne montre pas la rivière Raimbault, mais on voit ce cours d'eau qui a déjà traversé notre paroisse sur la carte géographique de 1879. Hopkins appelle lui aussi notre territoire L'Abord-à-Plouffe [sic]; le boulevard O'Brien traverse la terre de Thos. F. O'Brien de côte Vertu jusqu'à la rivière Des Prairies. Un Monsieur A. Boa (on parle de Robert Boe au recensement de 1825) était propriétaire du lot 31 qui inclut aujourd'hui l'hôpital du Sacré-Cœur, les appartement Salaberry, le parc Louisbourg, et tout ce qui suit jusqu'à la voie ferrée. Monsieur Boa était aussi propriétaire du côté Est de la rue Lachapelle alors que la terre de F. Laurin lui faisait face du côté Ouest. En 1879, on comptait 28 constructions boulevard Gouin, toutes à l'Est de Lachapelle, une dizaine rue Lachapelle et 39 riverains de Bois-Franc des deux côtés. Les gros propriétaires de cette époque étaient les Cousineau, les Deslauriers, les Jasmin, les Saint-Aubin, les Lecavalier, les Laurin, les Léonard et les Tolhurst.
1894 — Construction d'une structure en bois de deux étages qui sera le local du Forest and Stream Club, et première mention de Cartierville comme telle. La photo de cette construction est toujours visible au club de canotage Cartierville.

1896 — Inauguration de la gare Cartierville, terminus du tramway électrique de la Montreal Park and Island Electric Railway. Ce moyen de transport facile vers Montréal contribua à la fondation du club de canotage, du club de golf Marlborough, et au développement ultérieur de Cartierville. Le terminus Cartierville était là où se trouve aujourd'hui la rue Grenet, à l'intersection du boulevard Gouin Ouest.

Plusieurs se souviennent encore du fameux tramway 17 qui roula jusqu'en 1959 alors qu'il fut remplacé par l'autobus. Ce que la plupart ne savent pas, c'est que le 17 original était peint de couleur orange pour être plus visible, sur fond vert l'été, et dans la neige l'hiver.

N.D.L.R. : Aujourd'hui, plusieurs circuits d'autobus partent ou se terminent à cette intersection dont notamment : l'autobus 64 Grenet faisant la navette entre le boulevard Gouin et la station de métro Côte-Vertu, le circuit 69 Gouin (terminus et point de départ vers l'Est), 68 Gouin (terminus et point de départ vers l'Ouest) et 468 Gouin Ouest (Express).

 


Le terminus de Cartierville en 1904.
Photo : Club canotage de Cartierville

     


Vue de l'intérieur de la première chapelle


 
1904 — Les paroissiens de Saint-Laurent qui habitaient Cartierville devait jusqu'ici aller à leur église paroissiale ou à l'église de Bordeaux, construite en 1895 comme desserte de La Visitation; d'une façon comme de l'autre, la présence aux offices religieux était compromise par la difficulté des transports. On fit donc appel au Père Dion, curé de Saint-Laurent, qui accorda avec empressement qu'une desserte fut établie à Cartierville même. Le Père Rhéault de la congrégation de Sainte-Croix vint dire la messe pendant quatre ans dans des locaux de fortune, tantôt une résidence, tantôt une classe d'école.

1905 — Construction de la première chapelle, rue De Serres, sur un terrain offert par Gaspard De Serres; cette chapelle mesurait 75 pieds par 40 et avait coûté 3 000 $. Ce terrain fut choisi par Mgr Bruchési, de préférence à un autre qui avait été offert par un Monsieur Gohier.

La nouvelle chapelle et la cloche furent bénies le 29 octobre 1905 par Mgr Racicot, évêque de Poglia. « La Presse » du lendemain rapporta l'événement avec éclat : « Le coquet petit village de Cartierville était en liesse hier. Les drapeaux flottaient sur toutes les maisons et la joie régnait sur toutes les figures. CÉRÉMONIE GRANDIOSE disait l'en-tête. La cloche fut baptisée Marie, Pierre, Paul, Zotique, Georges. Mgr Racicot a parlé du rôle des cloches de façon très éloquente : « La voix de la cloche qui vous parlera du haut du beffroi, dit-il, vous dira des choses bien touchantes. Plusieurs fois par jour en l'entendant, vous élèverez vos cœurs vers le Créateur pour Le remercier des bienfaits dont Il ne cesse de vous combler. »

Parmi la foule, on pouvoir voir M. F. D. Monk, député du comté de Jacques-Cartier, Gaspard De Serres, donateur du terrain, Ed. Cousineau, maire de Saint-Laurent, Messieurs M. Goyer, C. Valiquette, C. Picard, J. D. St-Pierre, James Woodhouse, E. Picard, L. Laurie, O. Blondin, J. N. Labrecque, O. Gagnon, P. Boucher, W. Clermont, L. Ouellette, E. Desrochers, H. Brisebois, P. Robitaille, L. Deguire, A. Vézina, F. Carrière, U. Crevier, J. Tougeant, O. U. Lecavalier, T. Paré, J. Cartier, S. Lapierre, H. Gohier, N. P. C. Fortier, A. Boyer, F. Groulx, Gervais Cousineau, C. Sicotte, A. Racine, L. Cousineau, H. Lapierre, G. Claineau, A. Lévesque, A. Gagnon, Jos. Lacroix, Jos, Desforges, G. Deguire, Pl. Plouffe, E. Brossard, A. Germain, H. Cardinal et autres...

Photo ci-contre : Station des pompes. Ancien Hôtel de Ville. La maison voisine : Boucherie de M. Janvier Laurin (Don de Mme Florida Laurin)

 

     

rue Lachapelle (chemin Saint-Laurent) en 1905, vue du boulevard Gouin (chemin du Sault) vers le Sud. À gauche, magasin général et boulangerie Lagacé, vendue plus tard à E. Lecavalier, père de Madame Raoul Hade qui se souvient avoir habité cette maison. La tourelle à droite est celle de l'hôtel Plaisance, cachant en partie la devanture du poste de pompiers.

(Gracieuseté : Musée McCord, Université McGill).


 
Cartierville 1905

Un visiteur du temps, N. W. Hinshelwood, décrit Cartierville comme un véritable coin de paradis. Nous livrons ici en primeur une traduction de ses impressions : « Sur la côte Nord de l'Île de Montréal se trouve Cartierville baignant dans la rivière des Prairies. On peut s'y rendre par voiture ou par le tramway électrique de la Park & Island Railway. En arrière du Mont Royal, au bout du circuit "Montagne", se trouve la jonction Snowdon d'où part, chaque 20 minutes, le tram qui se rend à Saint-Laurent et Cartierville. En débarquant à la gare de Cartierville, un sentier nous conduit au parc, un très beau terrain privé sur le bord de l'eau. Il n'est ouvert que depuis peu, et déjà il est recherché par tous les vacanciers; la restauration liquide et solide y est assurée par un excellent restaurant. Le parc est déjà doté de plusieurs bancs et balançoires et offre aussi de nombreux amusements, les sentiers le long de la rivière n'étant pas des moindres. Après avoir visité le parc, le promeneur avisé revient par le chemin qui mène au village où, en tournant à droite, on revient vers la rivière traversée à cet endroit par un vieux pont de bois; c'est dans le bois à gauche du pont qu'on peut trouver, au début de l'été, une multitude inimaginable de fleurs sauvages uniques dans l'Île de Montréal, sans compter des fraises et des framboises en abondance. Les amateurs de lépidoptères y trouveront plus d'espèces de papillons qu'ils ne pourront en nommer. La promenade en bateau et la pêche se pratiquent sur la rivière : quelle belle façon de couper une grosse semaine de travail en deux! Il ne suffit que d'une courte promenade pour pouvoir aller à Cartierville y puiser quelques heures de bon temps. »

     
LE parc belmont

Les lignes ci-haut nous indiquent que le parc Belmont existait de fait en 1905 sans en porter encore le nom.

Pendant longtemps, les Montréalais ont décrit notre paroisse comme étant celle où était situé le parc Belmont. On devait cependant attendre un autre quart de siècle avant que ne soit inauguré ce parc d'amusement qui fut, pendant longtemps, le point de repère de Cartierville; des milliers de Montréalais et d'étrangers se souviendront longtemps de cet endroit de verdure et de divertissement qui accueillit jeunes et vieux de 1923 à 1983.

 


Façade de l'entrée principale du Parc Belmont

     


Paul Pappas et Guy Gauvreau aux belles années du Parc Belmont (1979)


 
Messieurs Paul Pappas et Paul Joly qui y ont passé une partie de leur vie peuvent raconter des histoires savoureuses comme, par exemple, la fois où une quinzaine de singes s'étaient évadés d'un îlot du parc et tout Cartierville avait dû participer à un safari pour les capturer ici et là.

Plusieurs de nos paroissiens se souviennent avoir été un des 500 étudiants employés chaque été au parc Belmont.

1906 : Cartierville devient village

La municipalité du village de Cartierville, détachée de la paroisse Saint-Laurent, a été érigée le 15 mars 1906 (Gazette officielle 1906, page 631). Le Lovell de l'époque décrit Cartierville comme étant un « villagerais dans le comté Jacques-Cartier, à un demi-mile de Bordeaux, par la route du Canadien Pacifique. »

Mois d'avril 1906 : les élections sont déclenchées à Cartierville et sept conseillers sont élus. Il s'agit de Messieurs Gustave Cardinal, Hormidas Crevier, Joseph Lapointe, Jean-Baptiste Laurin, Severin Prenoveau, Alfred Racine et Félix Plouffe.

     
21 avril : en la maison de V. H. Laurin, les sept conseillers se réunissent pour la première fois et Alfred Racine se retrouve président d'assemblée. Tout de suite, le choix d'un maire pour le nouveau village vient sur le tapis et à l'unanimité on désigne Félix Plouffe, marchand de bois de la localité, à la mairie.

Le 7 mai suivant : coup de théâtre à l'assemblée régulière du conseil : le premier maire de Cartierville demande la permission de résigner de ses fonctions vu ses nombreuses préoccupations personnelles. Les six conseillers ne l'entendent cependant pas de cette façon et chacun incite Félix Plouffe à revenir sur sa décision. « Comme la municipalité n'a jamais eu plus besoin d'hommes intègres et capables qu'actuellement où tout est à faire et où il y a des travaux importants en perspective, le Conseil refuse d'accéder à sa demande », enregistre-t-on à la conclusion des débats dans le procès-verbal de cette assemblée.

 


Coin de Mésy et Lachapelle, 1937.
Gracieuseté de M. Laurent Dauphinais

     


Premier poste de taxis :
Cartierville Auto Stand — Années 1920


 
Félix Plouffe se résigna à poursuivre ses tâches et, en fait, il dirigea pendant trois ans, jusqu'à 1909, les destinées du village.

Au tout début, les premières assemblées se déroulent dans la résidence de V. H. Laurin qui sert aussi d'école; c'est Emery Gauthier, restaurateur, qui est chargé de garder les lieux propres en lavant le plancher, moyennant 0,40 $.

Le 10 septembre 1906, les édiles du village doivent changer de local, l'école ayant installé ses nouveaux pupitres. On déménagea donc les séances du conseil au restaurant Beaulieu et, finalement, chez M. Dauphinais. Le premier fonctionnaire du village fut M. St-Germain, inspecteur de la municipalité; une de ses premières tâches fut de vérifier le poids du pain fabriqué et vendu dans Cartierville. Le règlement du 3 décembre 1906 exigeait « que tout pain brun [...] sera fait de farine de froment bonne et saine et sera cuit en pain de 6 livres ou en demi-pain de 3 livres »; le pain blanc devait être de fleur de farine et peser 4 livres.

     
Avila Crevier devint maire à la suite de Félix Plouffe; il était propriétaire de ce qu'on appelait alors le « clos de bois et charbon » où on vendait aussi de la semence et des nourritures pour animaux. L. O. Grothé devait succéder à Crevier le 17 janvier 1911 pour une dizaine de mois seulement. Frédéric Jauron devint maire du village du 16 octobre au 5 décembre 1911 seulement. Félix Avila Grothé fut élu maire le 13 mai 1912; il l'était encore lorsque Cartierville devint ville le 21 décembre de la même année et le resta jusqu'à la fusion avec Montréal en 1916.

Cartierville vers 1909

Le juge Yvon Jasmin se souvient de la maison construite par son père Gédéas sur le boulevard Gouin, entre les rues Olivier et Jasmin, noms choisis d'après le nom de son grand père Olivier Jasmin. Lord Athelston, propriétaire du quotidien The Montreal Star, habitait alors où est maintenant le parc Beauséjour.

 


Hôtel Union, boulevard Gouin face à la rue Grenet.
Devenu par la suite Hôtel Despatie
puis Taverne Marsolais

     

  Son voisin immédiat était Émile Galibert, et la terre voisine était entièrement déboisée; il est intéressant de savoir pourquoi. L'Île Paton d'aujourd'hui, en face de ce terrain, était occupée par un Écossais nouveau millionnaire du nom de Paton qui avait acheté la terre voisine de celle de Galibert afin d'y abattre tous les arbres pour mieux voir le Mont Royal de son château sur l'Île. Les propriétés L. O. Grothé, Prévost et l'hôtel Castellani complétaient le décor du début du siècle à l'Ouest du boulevard Laurentien actuel. Les premiers et seuls habitants du temps de Saraguay étaient les familles Pitfield, McDougal et Ogilvy.

Le Canadian Municipal Journal de février 1909 mentionne le parachèvement de l'aqueduc de Cartierville et l'octroi du contrat d'égouts à la Saraguay Electric & Water Company dont le président était Charles Brandeis.

Le juge Jasmin habite aujourd'hui une maison construite sur le site où se trouvait jadis, en 1909, l'hôtel Castellani.

     
1912 — Ville de Cartierville

Cartierville devint ville le 21 décembre en vertu de l'acte 3, Georges V, chapitre 96. Les conseillers sont Frédéric Jauron, Joseph Lapointe, Janvier Laurin, Alfred Racine, Gédéas Jasmin et Philippe De Serres.

1913 — Construction de la salle Notre-Dame et de l'académie Saint-Joseph qui deviendront les centres d'enseignement dirigés par les Clercs Sainte-Croix pour les garçons, et les religieuses du même nom pour les filles.

1914 — Malgré les tentatives d'annexion de ses voisins par Cartierville devenue ville, le contraire se produisit le 19 février 1914, lorsque les quelques propriétaires aisés de la partie Ouest sollicitèrent et eurent la permission de se séparer : le village de Saraguay était fondé et devait rester indépendant de toute attache jusqu'à son annexion à Montréal, il y a quelques années.

1916 — Cartierville annexée à Montréal

C'est en 1916, le 22 décembre plus exactement, que Cartierville devient un quartier de Montréal. Ses problèmes financiers, multipliés par la perte des taxes des propriétaires formant Saraguay depuis peu, furent réglés par l'annexion qui amena aussi d'autres avantages :

  • droits acquis de taux d'imposition et d'emplois municipaux;
  • maintien dans Cartierville de son poste de pompiers et de police;
  • élargissement du chemin Saint-Laurent (Lachapelle) et du boulevard Gouin;
  • droit de garder des animaux dans les limites de Cartierville contrairement aux règlements municipaux de Montréal et ce, pendant encore 10 ans.
 


L'hôtel Klondike (Cartierville)

Au moment de l'annexion, Cartierville comptait une population de 905 âmes, et en plus de son église en construction et de l'académie Saint-Joseph, sept magasins, deux hôtels (ceux de G. Despaties et d'Israël Meunier), une succursale de banque, une manufacture de portes et fenêtres ainsi qu'une manufacture de voitures d'attelage. À cette époque-là, les noms de Beaulieu (restaurant), Blondin (épicier), Gus Cardinal (farine et grain), Corbeil (scierie), Avila Crevier (clos de bois), Hormidas Crevier (magasin général), Émery Gauthier (restaurant), Handsfield (épicerie), Geo Harland (pépinière), Janvier Laurin (boucher), E. Lecavalier (boulanger), A. Lagacé (quincaillerie et épicerie), Félix Plouffe (bois), Victor Rochon (forgeron), Chas Tremblay (plombier), Jos Gougeon (entrepreneur de funérailles), Arthur Laurin (vendeur de glace) étaient ceux qui servaient de référence.

25 décembre 1916 — C'est par la messe de minuit, célébrée en grande pompe par son curé, l'Abbé Évariste Chevalier, que fut inauguré le sous-sol d'église que tous ont connu pendant 50 ans comme l'église inachevée.

Le journal Le Canada du 6 avril 1916 rapporta que Edéus Jasmin vient d'être condamné à démolir la partie de sa manufacture qui empiète sur le terrain de la ville, sur Rivoli, entre le Chemin du Sault (Gouin) et la rue Saint-Léon (du Bocage). Il semble que ledit Jasmin avait fait construire ce bâtiment deux ans auparavant sans prendre garde à la zone municipale.

1920 — Le pont Lachapelle original, construit en 1836, fut détruit par un incendie et remplacé par le plus ancien des deux ponts existant aujourd'hui.

1923 — Année d'inauguration du club de golf Marlborough, qui occupait la partie de Notre-Dame-du-Bel-Amour qui fait maintenant face à l'église et qui va jusqu'à la voie du Canadien National. Selon Marc Thibault, ancien éditeur de la revue « Le 19e trou », le terrain du club fut vendu en 1964 à Émile Asselin pour en faire un développement immobilier.

On ignore le nom des officiers fondateurs, mais on sait que le dernier président fut Basil Redstone. Le juge Yvon Jasmin se souvient d'avoir été un des premiers caddies à ce club, ouvert la même année que le golf municipal de Montréal, mais bien après Beaconsfield, Islemere et Laval-sur-le-Lac. Le terrain du Marlborough rapporta 4,1 millions $ à ses actionnaires, jusqu'au début de la construction des rues et maisons, c'est-à-dire pendant deux ans, le club fut ouvert au public et temporairement baptisé le club de golf Cartierville.


Hôpital du Sacré-Cœur

  L'Hôpital du Sacré-Cœur

La Communauté des Sœurs de la Providence acquiert, en 1923, un terrain vacant face à l'église Notre-Dame-des-Anges de Cartierville, pour y construire un hôpital en remplacement de celui qui avait été incendié à Notre-Dame-de-Grâce, le 15 mars de la même année. Des apports financiers de sources diverses et des emprunts substantiels par la Communauté, ont contribué à mettre sur pied l'hôpital du Sacré-Cœur pour janvier 1926.

À cette date, 68 religieuses y accueillent près de 600 malades, les aumôniers, le personnel soignant, le personnel administratif et les employés spécifiques à chacun des départements. L'école des gardes-malades ouvre ses portes le 1er mars 1926, et le 2 mai 1929, au nombre de 22 diplômées, on compte 15 laïques et 7 religieuses. Les Sœurs de la Providence y vivent le charisme du service compatissant et de la confiance absolue en la Providence, dans les divers services correspondant aux besoin d'un hôpital qui ne cesse de franchir les étapes d'un haut perfectionnement, pour le bien-être physique, moral et spirituel, non seulement des malades, mais de tout ce grand Palais de l'Espérance. À partir de 1950, l'hôpital s'est graduellement transformé en hôpital général pour devenir ce qu'il est aujourd'hui : un hôpital ultra-spécialisé et universitaire.

     
Les sœurs de la miséricorde

1930 — Les religieuses de la Miséricorde établissent leur maison-mère à Cartierville. Elles ont toujours été des paroissiennes impliquées.

C'est en 1845 que l'évêque de Montréal, Mgr Ignace Bourget, à l'affût des misères de son temps, se penche sur le problème de la fille enceinte, hors mariage. Il sollicite donc l'aide d'une veuve, au cœur disponible, qui a mis au monde onze enfants, pour venir au secours de ces mères en devenir et de l'enfant qui naîtra bientôt. Au « Dieu le veut » de son pasteur, Rosalie Cadron Jetté accepte de former, avec quelques compagnes, cet embryon d'amour qui grandira au cœur du Grand Montréal et qui deviendra, en janvier 1948, la communauté des Sœurs de Miséricorde. Quelle que soit la situation ou l'occupation de la Sœur de Miséricorde, chacune est appelée à vivre la Miséricorde de Jésus Sauveur avec les filles et les femmes en situation de maternité hors mariage et leurs enfants, et encore avec les mères de famille vivant difficilement leur maternité.

 


Monastère des Sœurs de la Miséricorde
Villa Notre-Dame-du-Rosaire
12435, avenue de la Miséricorde

La Sœur de Miséricorde ne vit pas seule la Miséricorde reçue gratuitement (Mt. 10, 8). Ensemble, communautairement, elle vit et partage la Miséricorde de Jésus Sauveur avec celles et ceux vers lesquels l'Église l'envoie.

La mission confiée à Rosalie Cadron Jetté en 1848 a, encore aujourd'hui, sa raison d'être pour répondre aux besoins des mères célibataires et de leurs enfants. Les projets communautaires actuels sont, à Montréal : « La petite maison de la Miséricorde », « Le Cercle éducatif » et l'« Accueil Rosalie ».

les Sœurs de la Miséricorde s'intègrent aussi dans des organismes où l'on peut aider la vie, défendre la vie se rappelant toujours cette parole de Jésus : « Je suis venu pour qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient en abondance. » (Mt 10, 10) Enfin, à Notre-Dame-des-Anges, elles offrent leur précieux concours à plusieurs œuvres paroissiales comme le bazar, la liturgie, la pastorale du baptême et le comité d'initiation aux sacrements. Elles répondent de façon très charitable à tous les besoins de la paroisse Notre-Dame-des-Anges, signe tangible de leur attachement à notre milieu.


Inondation du boulevard O'Brien,
au nord de la rue Forbes
par les eaux du ruisseau Raimbault
au printemps 1937

  2 novembre 1935 — Vingt-cinquième anniversaire de la paroisse Notre-Dame-des-Anges. La Presse rapporte ce qui suit : Monsieur l'Abbé Damien Toupin, curé, procéda, le dimanche, à la bénédiction d'une croix érigée en face de l'école Dujarié; l'échevin François Leduc félicita Cartierville pour ce geste à la fois religieux et patriotique. Cette croix commémorait en même temps le quatrième centenaire du geste de Cartier à Gaspé. Dimanche soir à l'école Dujarié, et sous la présidence de L. E. Chevalier, curé fondateur, messieurs Émile Gosselin et Daniel Valiquette, ainsi que Madame Émile Gosselin rendirent, avec beaucoup d'entrain et de couleur locale, un sketch historique rappelant les débuts et les progrès de Cartierville. L'orchestre, dirigé par Théotime Brulotte, la chorale de l'école, dirigée par frère Léopold, et la troupe scoute complétèrent le programme. Messieurs les Abbés Chevalier et Toupin prirent la parole, ainsi que l'avocat Acquila Jasmin et les présidents des deux sociétés organisatrices des fêtes : Monsieur Gustave Plessis-Bélair, président de la Société Saint-Jean-Baptiste et frère Léopold, chef de la troupe Notre-Dame-des-Anges. Un nombreux clergé et même plusieurs religieuses assistaient au concert de La Manécanterie de la Nativité, le lendemain. Aux premiers rangs de l'assistance, on pouvait voir la plupart des membres de la Saint-Jean-Baptiste, les marguilliers et les membres du comité protecteur de la troupe scoute : Messieurs Vital Mallette M. P. et Monsieur J. P. Labarre, les frères Maximilien et Laurentin, ex-directeurs et Messieurs Robitaille et Martineau, anciens vicaires.
     
1938 et 1941 — À deux reprises, il fut question d'ouvrir une plage au parc Raimbault. « Selon certains conseillers municipaux, l'eau de la rivière Des Prairies à cet endroit n'offre aucun danger pour la santé publique. »

1945 — En cette année d'après-guerre, les registres de la paroisse décomptent 2 996 Catholiques et 574 protestants ou non-catholiques; la paroisse comptait, en septembre, 2 850 personnes parlant principalement le français et 720, l'anglais. Quatre-vingt nouvelles familles sont arrivées dans la paroisse au cours de cette année 1945.

Décembre 1946 — Les fêtes de Noël 1946 ne furent pas très gaies pour la plupart de nos paroissiens : le 21 décembre, une embâcle formée sur la rivière Des Prairies créa une inondation de toutes les parties basses de la paroisse. On pataugeait dans trois pieds d'eau, boulevard Gouin. Yvonne Zimmerman est photographiée par The Gazette sur sa galerie inondée, rue Lefebvre, et le 24 décembre, Jean-Pascal du 12526, rue Reid (aujourd'hui Laurentien), a dû être abrité avec sa famille au poste de police. Le sous-sol de l'église Notre-Dame-des-Anges est rempli d'eau.

 


Promenade en chaloupe sur le boul. Gouin.
Inondation décembre 1946.
On circule à pied sec sur le coté Sud du boulevard

1948 — Le 14 octobre, le curé Magnan réunit le conseil paroissial composé des présidents et présidentes des onze organismes paroissiaux; de ces onze, seulement deux ont réussi à survivre jusqu'à aujourd'hui : la Saint-Vincent-de-Paul et les Loisirs.

1952 — C'est le 22 octobre de cette année que Son Éminence, Paul-Émile Cardinal Léger, archevêque de Montréal, procéda à l'érection de la nouvelle paroisse Notre-Dame-du-Bel-Amour, ce qui enleva quelques deux à trois cent familles à notre paroisse.

Décembre 1952 — La Ville de Montréal dévoile le plan directeur du parc Raimbault; on veut utiliser à profit la présence du ruisseau à cet endroit.

Il est suggéré en 1953 de baptiser le parc rue Ranger qui deviendra un jour le parc De Mésy; « comme la grande étoile de hockey Maurice Richard demeure rue Ranger, au bord du fameux parc sans nom, pourquoi ne pas l'appeler le parc Maurice Richard? » Comme la Ville de Montréal avait déjà décidé de baptiser un aréna de ce nom ailleurs à Montréal, on dût remettre à plus tard le baptême du parc De Mésy.

1954 — Ouverture d'une bibliothèque dans le sous-sol de l'église par un groupe de bénévoles dirigés par Madame Eugène Thérien. Cette bibliothèque, une des plus volumineuse bibliothèques paroissiales à Montréal donna le goût de la lecture à tous les jeunes qui fréquentaient les écoles Dujarié et Saint-Basile, devenues aujourd'hui l'une, une église catholique maronite libanaise, l'autre, une succursale du Collège Français. Déjà en 1978, on se posait des questions sur la survie de notre bibliothèque; on lui garda un souffle de vie jusqu'en 1985.

1957 — Paul-Émile Cardinal Léger, alors archevêque de Montréal, permet la construction d'une nouvelle église, rue de Salaberry et l'érection d'une nouvelle paroisse qui portera le vocable de Sainte-Odile. Notre-Dame-des-Anges perd un autre 800 à 1 000 paroissiens d'un seul coup.

1960 — Le 16 février, les citoyens de Cartierville rencontrent le maire Sarto Fournier en délégation pour faire obstacle à la construction proposée de conciergeries sur le boulevard Gouin à l'Est de la rue Olivier.


Maison-mère des Sœurs de la Providence
5655, rue de Salaberry

  LES SŒURS DE LA PROVIDENCE

Le « Petit Journal » du 25 septembre 1960 montre une photo du « premier gratte-ciel de Cartierville » en construction, rue de Salaberry. Il s'agit de la nouvelle maison-mère des religieuses de la Providence, une construction qui devra avoir treize étages et devenir l'orgueil de notre paroisse. Laissons Sœur Irène Richer nous expliquer l'œuvre de sa communauté :

« Depuis le 14 août 1962, s'ajoute la nouvelle Maison mère des Sœurs de la Providence au milieu de la paroisse Notre-Dame-des-Anges. Le 18 octobre de la même année, c'est le cœur même de l'Institut qui bat à l'unisson des besoins environnants, puisque les restes vénérés de la Fondatrice, Mère Émilie Gamelin y sont transportés et animent d'un souffle nouveau le charisme du service des pauvres, des malades, des personnes âgées et des démunis de toutes sortes. Graduellement, à ce cœur compatissant, se greffe une ramification de maisons de la Providence répondant comme Mère Gamelin aux divers appels de la population de la paroisse où les sœurs des cinq provinces de l'Est de l'Institut se sont vite insérées. Un charisme brûlant de charité, d'accueil, de compassion et de confiance en la Providence dirige leur regard, incite leur écoute, oriente leurs pas afin que, de la contemplation, elles passent à l'action clairvoyante et généreuse dans les activités suivantes :

     
Pastorale : animation des messes dominicales, accueil, pastorale du baptême et de l'Onction des malades, service de sacristine soit à l'hôpital, soit à la paroisse, participation aux divers comités : liturgie, pastorale des malades.

La Saint-Vincent-de-Paul : visites à domicile, aide selon les politiques de l'Organisme pour subvenir aux demandes exprimées; ou accueil au presbytère des demandes pour répondre à leurs besoins.

Parrainage des réfugiés : accueil, accompagnement, réconfort, aide financière soit de familles, soit d'étudiants, et cela se continue depuis l'arrivée plus massive des réfugiés vers 1979.

Visite des malades, des pauvres : des personnes seules ou âgées ou sourdes, muettes, aveugles, etc... Repas offerts aux personnes sourdes, cadeaux offerts à Noël aux bénéficiaires du Manoir Cartierville et dans les centres d'Entraide familiale.

 


Tombeau de sainte Émilie Gamelin
face à la chapelle du Monastère
des Sœurs de la Providence

     


Les louveteaux de Notre-Dame-des-Anges 1964

  Éducation continue : cours de recyclage selon les besoins variés découverts, chorales de jeunes pour célébrer des événements divers. Club de l'Âge d'Or.

Bazar de la paroisse qui se prépare tout au cours de l'année; participation active en confectionnant les articles les plus attrayants comme les plus utiles. Sœurs responsables de kiosques, de la préparation de mets succulents, etc...

Accueil des pauvres : évaluation des situations, aide appropriée en nourriture, vêtements, information concernant le travail, le budget, la réparation des vêtements, la préparation des repas. À la maison mère, ces services prennent le nom de « Comptoir Gamelin » et de « Sous la lampe » et les maisons des alentours répondent également à ces besoins des pauvres.

     
Les Sœurs de la Providence se joignent à la paroisse entière pour chanter de tout cœur : « Comment te rendre, Seigneur, tout le bien que tu m'as fait, comme te dire, Seigneur le merci de ma joie! » (Ps. 115)

1964 — Le 16 janvier, les journaux font état de l'inauguration du nouveau poste de pompiers n° 42 par Messieurs Lawrence Hanigan et Roger Sigouin, ce dernier représentant le maire de Montréal.

On répéta, lors de cette cérémonie, que c'est à l'ancien poste de Cartierville que furent utilisées les dernières pompes à chevaux de Montréal, au début des années 1920. Ce poste était situé sur la rue Lachapelle et abritait aussi l'Hôtel de Ville de Cartierville jusqu'à l'annexion de Montréal.

 


Seconde maison construite sur la rue Guertin.
Famille Guertin
Gracieuseté de Mme Monique Guertin-Lauzé


Autres photos historiques

Photo aérienne de la partie Sud de la paroisse.
À droite, maison-mère des Sœurs de la Providence.
Au centre, le parc Louisbourg
Madame Fernande Thériault,
Fière centenaire originaire de Cartierville
Confirmation,
vers 1970